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Une initiative francophone
EDUCATION AUX DROITS DE L'HOMME

Et si les droits de l'Homme pouvaient parler en français ?

Un million d'euros pour promouvoir et protéger les droits de l'Homme en français

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> DROITS DE L’HOMME : OSONS LE FRANÇAIS !


"Osez et revendiquez la langue française !", a lancé Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, le 20 mars 2009, lors de la Journée de la Francophonie. Redoutable défi auquel sont confronté tous les médias francophones qui tentent de conserver leur place – et leur influence - dans le monde global de l’information. Dans le domaine de la promotion des droits de l’homme sur Internet, le site aidh.org tente, lui aussi, de relever ce défi.

La Francophonie, au delà des 200 millions de locuteurs en français qu’elle rassemble sur les cinq continents, fédère 870 millions de personnes dans les 70 Etats et gouvernements de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). En Afrique, le français a le statut de langue officielle dans 21 Etats, dont le Mali, le Sénégal, le Cameroun et la Guinée équatoriale.

Sur le réseau Internet, les 10 langues les plus utilisées sont, dans l’ordre: anglais, chinois, espagnol, japonais, français, allemand, arabe, portugais, coréen et italien. Pour près de 1,5 milliards d’internautes.

Le nombre de francophones augmente, mais le français recule, en particulier au sein des organisations internationales – et, en premier lieu, au sein des Nations unies. "Des tribunes de conférence internationale aux bancs des écoles, des studios de télévision aux publications commerciales ou scientifiques, la langue de Shakespeare - ou plutôt de Dan Brown, Madonna et Steven Spielberg - impose son hégémonie", relevait en 2006 le quotidien Le Monde.

Le français est l'une des six langues officielles des Nations unies, avec l'anglais, l'espagnol, le russe, le chinois et l'arabe. L'anglais et le français sont les deux langues de travail de l'organisation internationale (et de ses agences spécialisées).

La promotion et la protection des droits de l'homme sont l'une des préoccupations majeures des Nations unies, dont les valeurs fondamentales communes sont la liberté, l’égalité, la solidarité, la tolérance, le respect de tous les droits de l’homme.

Genève se définit comme "la capitale mondiale des droits de l’homme". La ville, qui accueille le siège européen des Nations unies, abrite le Haut Commissariat aux droits de l’homme, le nouveau Conseil des droits de l’homme, ainsi que tous les comités de suivi des traités des Nations unies dans le domaine des droits de l’homme.

On comprend donc l’importance d’une information "en français". Dans l’univers des Nations unies à Genève, règne le : "en anglais seulement". Certes, les comptes rendus des travaux du Conseil des droits de l’homme et des comités de suivi existent encore en français. Mais, l’actualité quotidienne des Nations unies à Genève n’est traitée pratiquement qu’en anglais.

L’exemple le plus marquant est celui du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme : le site "en français" comporte des titres de rubriques en français, mais les informations ne sont données qu’en anglais (rencontres, messages de la haut commissaire Navi Pillay, événements, préparation des conférences, etc.).

Déjà, en février 2002, dans une pétition adressée au Service de l’information des Nations unies, à Genève, les journalistes francophones s'insurgeaient contre le fait que certaines organisations du système des Nations unies ne donnent plus "qu'une place secondaire, voire marginale au français".

"C'est avec préoccupation que nous constatons la baisse sensible et marquée, tout au long de ces dernières années, de l'utilisation de la langue française dans la communication et l'information au sein des organisations internationales et des agences spécialisées des Nations unies à Genève", écrivaient-ils.

Ils ajoutaient : "Certaines de ces organisations qui, il y a encore quelques années, faisaient de l'utilisation de la langue française une priorité en matière de communication (priorité qu'explique et justifie la tradition francophone de la cité de Calvin), n'accordent plus aujourd'hui à cette langue qu'une place secondaire, voire, parfois, marginale".

Lors de la session de juin 2009 du Conseil des droits de l’homme, nombre de délégations ont dénonce le "manque de traduction des documents [de travail] dans les langues autres que l’anglais" et demandé que ces documents puissent désormais être accessibles dans les six "langues officielles des Nations unies", dont le français.

Août 2009.

REPÈRES

La Francophonie dans le monde

2009. "Osez et revendiquez une langue française au service du développement durable, au service d’une mondialisation plus encadrée, plus équitable, plus éthique, au service de la démocratie, des droits et des libertés, au service d’un dialogue pacifique et fructueux entre les hommes de toutes les religions et de toutes les cultures !", déclare Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, à l’occasion de la Journée de la Francophonie, le 20 mars 2009.

2008. La promotion de la langue française "est et restera" une priorité de la langue française, déclare le président français Nicolas Sarkozy, à l’occasion de la Journée de la Francophonie.

Le 24 septembre 2008, à New York, lors d’un dîner des pays francophones, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, clame son "amour à sens unique pour la langue française". Il assure déjà lire Racine (quelques vers), Verlaine et Balzac.

2007. Une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies réaffirme la nécessité de réaliser la parité absolue des six langues officielles (anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe) sur les tous les sites web de l'organisation. "Le droit à l'usage de sa langue, la capacité à communiquer et donc à comprendre et se faire comprendre, la préservation d'un héritage souvent vieux de plusieurs siècles ou millénaire doivent bien être au coeur de la mission des Nations unies", insiste l’ambassadeur de France Jean-Marc de La Sablière.

2006. Le Groupe des ambassadeurs francophones, adopte une Charte demandant aux pays francophones "de veiller dans la mesure du possible à la rédaction des notes verbales, discours, communiqués, correspondances diplomatiques en langue française" au sein des Nations unies.

A Bucarest, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) adopte un "vade-mecum relatif à l’usage de la langue français dans les organisations internationales", qui rappelle l’engagement des pays francophone "en faveur de l’usage du français" au sein de ces organisations. L’OIF rappelle que "toute la documentation et les publications, y compris électroniques, de ces organisations" doivent être "disponibles en français ou, en cas de traduction, dans une version française de qualité, conforme à l’original".

2005. A l’initiative de la France, l’Assemblée générale des Nations unies "réaffirme la nécessité d'assurer la parité absolue des six langues officielles" sur les sites web de l’organisation. "Les langues jouent un rôle fondamental, parce qu’elles sont bien plus qu’un vecteur de communication : par ce qu’elles rassemblent, elles expriment une vision du monde comme une exigence intellectuelle et morale", déclare l’ambassadeur de France Jean-Marc de La Sablière.